Les données de vie réelle : de quoi s’agit-il ?

On oppose en science l’analyse d’une intervention qui nécessite un plan d’expérience, à l’analyse d’une observation qui nécessite de ne rien modifier à la réalité que l’on observe. Pour des raisons de communication (« vie réelle » vend mieux qu' »observationnel ») les chercheurs qui souhaitent argumenter une approche observationnelle ont utilisé le terme de vie réelle pour promouvoir cette approche. Par opposition, l’approche interventionnelle, qui seule peut apporter un bon niveau de preuve dans l’analyse des effets d’une thérapeutique, est de fait reléguée à une approche « irréelle », ou à tout le moins éloignée de la réalité. Cela reste très discutable, notamment par la dégradation implicite de la valeur de l’approche interventionnelle. En outre, les participants des études d’intervention, qui acceptent de donner leur temps de vie de participation à l’étude, parfois au prix de risques non négligeables, voient leur générosité absolue sérieusement dévalorisée. Alors que ce temps si précieux qu’ils acceptent de donner à la communauté humaine, c’est bien de leur vie réelle à eux qu’il s’agit. Le plus satisfaisant serait de conserver le terme « observationnel », mais c’est moins porteur !