C’est quoi, une population virtuelle réaliste ? à quoi ça sert ?

Une population virtuelle est une image, écrite en langage mathématique, qui ressemble à une population réelle quand elle est réaliste. L’intérêt de cet outil est qu’il peut être l’objet de tous types de manipulations, d’interventions potentiellement dangereuses, sans aucun risque pour les vrais individus que la PVR représente. Et ces expériences peuvent être reproduites à l’infini.

Par exemple, nous avons créé avec le Dr Ivanny MARCHANT une image fidèle de la population Française entre 35 et 64 ans sur laquelle nous avons conduit des expériences sur le risque cardiovasculaire(1). En un clic ou presque l’interrogation de cette population nous renseigne sur la proportion des hypertendus légers, qui représentent 50% de toutes les hypertensions. Or ces hypertendus légers n’ont pas de bénéfice bien établi du traitement antihypertenseur.

Alors que l’application des recommandations conduit à traiter surtout les hommes âgés, nous avons cherché si une utilisation différente des médicaments antihypertenseurs pouvait prévenir la même proportion d’accidents chez les femmes que chez les hommes et pour toutes les tranches d’âge. Différente simulations ont montré que c’était possible(2), même si une telle stratégie peut être discutée : les décideurs, et les individus à qui le traitement est proposé, ont plus d’information pour décider.

Avec le Dr Johanne GAFSI, nous avons montré que l’application des recommandations américaines aboutissait à traiter tous les hommes de plus de 55 ans et coûtait plus cher, alors qu’appliquer les recommandations européennes prévenait plus d’accidents chez les femmes(3).

  1. Marchant I et coll. SCORE should be preferred to Framingham to predict cardiovascular death in French population. <strong>Eur J Cardiovasc Prev Rehab</strong> 2009 ; 16 : 609-615.
  2. Marchant I, Boissel JP, Nony P, Gueyffier F. High Risk versus Proportional Benefit: Modelling Equitable Strategies in Cardiovascular Prevention. PLoS One. 2015
  3. Modélisation de l’éligibilité et des bénéfices cliniques associés aux recommandations de prévention cardiovasculaire : comparaison des recommandations 2016 de l’ESC/EAS et des recommandations 2013 de l ACC/AHA / Johanne Gafsi. Thèse d’exercice Lyon 2018.